Livraison offerte dès 39€
Arnica : bienfaits, usages et précautions d'emploi
Retour au blog
Immunité & Énergie

Arnica : bienfaits, usages et précautions d'emploi

6 min de lecture
Par Aurélien Pringarbe

Tube de gel dans le sac, granules dans la trousse à pharmacie... L'arnica est partout. Mais sait-on vraiment pourquoi cette plante des montagnes est devenue le réflexe universel des bleus et des bosses ?

#Arnica#Anti-inflammatoire#Bleus#Sport#Usage externe

Vous la connaissez forcément. Elle traîne dans un tiroir de la salle de bain, au fond du sac de sport, dans la trousse de secours des grands-parents. L'arnica, c'est ce tube qu'on dégaine sans réfléchir dès qu'un genou cogne une table basse ou qu'un coude rencontre un mur.

Mais au fait, pourquoi elle ? Pourquoi cette plante-là et pas une autre ? Et est-ce qu'on l'utilise correctement ?

Une montagnarde qui a fait ses preuves

L'arnica (Arnica montana) pousse là où l'air est frais : entre 600 et 2800 mètres d'altitude, dans les prairies des Alpes, des Pyrénées, des Vosges. Une fleur jaune-orangé qui ressemble à une marguerite un peu ébouriffée, sur une tige velue d'une soixantaine de centimètres.

Les bergers et les montagnards l'utilisent depuis des siècles. Après une journée à crapahuter dans les alpages, ils se frictionnaient avec des préparations à base d'arnica pour soulager les muscles fatigués. Le savoir s'est transmis, élargi, et aujourd'hui l'Organisation mondiale de la Santé reconnaît officiellement son usage traditionnel contre les douleurs et inflammations liées aux petits traumatismes.

Ce n'est pas juste un truc de grand-mère : c'est un truc de grand-mère validé par la science.

Ce qui se passe sous la peau

Quand vous vous cognez, le choc crée une micro-inflammation. Les vaisseaux sanguins se dilatent, du sang s'accumule sous la peau (le fameux bleu), et les tissus gonflent. Classique.

L'arnica contient des lactones sesquiterpéniques, notamment l'hélénaline. Derrière ce nom barbare se cache une molécule qui freine les mécanismes de l'inflammation au niveau cellulaire. Ajoutez des flavonoïdes qui protègent les parois des vaisseaux, des tanins qui resserrent les tissus, et vous comprenez pourquoi le bleu se résorbe plus vite.

Une étude publiée dans Rheumatology International a même montré que le gel d'arnica rivalisait avec l'ibuprofène en gel pour soulager l'arthrose des mains. Même efficacité, moins d'effets secondaires. Pas mal pour une fleur de montagne.

Les bons usages (et les mauvais)

Là où ça se complique, c'est que l'arnica est puissante. Et qui dit puissant dit : pas n'importe comment.

Ce qui marche :

  • Les bleus, bosses, ecchymoses après un choc
  • Les courbatures et douleurs musculaires post-effort
  • Les entorses légères et foulures
  • Les jambes lourdes et la circulation veineuse
  • Les douleurs articulaires type arthrose

Ce qu'il ne faut jamais faire :

  • Appliquer sur une plaie ouverte ou une peau abîmée
  • Avaler la plante (toxique par voie orale, sauf en homéopathie très diluée)
  • Utiliser pendant des semaines sans interruption
  • S'exposer au soleil juste après application

Et si vous êtes allergique aux Astéracées (la grande famille de la camomille, du pissenlit, de la marguerite), méfiance : l'arnica en fait partie.

Gel, huile ou teinture ?

Chaque forme a son usage :

Le gel, c'est le plus pratique. Non gras, il pénètre vite. Idéal pour les chocs du quotidien, les bleus des enfants, le sac de sport. Deux à quatre applications par jour sur la zone concernée, en massant légèrement.

Le macérât huileux est parfait pour les massages plus appuyés : muscles noués après le sport, tensions dans le dos, jambes fatiguées. Quelques gouttes, on masse, on laisse pénétrer. Par contre, pas question de s'exposer au soleil après.

La teinture en compresse sert pour les zones plus étendues. On dilue (1 volume de teinture pour 5 à 10 volumes d'eau), on imbibe une compresse, on pose 15-20 minutes. Efficace sur les entorses.

Quant aux granules homéopathiques, c'est un autre monde. L'arnica y est tellement diluée qu'on sort du cadre de l'herboristerie classique. Ça relève de l'homéopathie, avec ses propres règles.

Une plante protégée

Petit point important : l'arnica des montagnes est une espèce protégée dans plusieurs pays européens, dont la France. La cueillette sauvage est interdite ou très réglementée.

Du coup, la plupart des produits du commerce utilisent de l'arnica cultivée, ou une espèce cousine venue d'Amérique du Nord (Arnica chamissonis) aux propriétés similaires. Rien de scandaleux là-dedans : c'est juste la réalité d'une plante victime de son succès.

Quand vous achetez, privilégiez les produits bio ou issus de filières contrôlées. La concentration en principes actifs sera meilleure, et vous évitez les résidus de pesticides sur un truc que vous allez vous tartiner sur la peau.

Précautions non négociables

Je me répète parce que c'est important :

L'arnica, c'est uniquement en externe. Avaler des fleurs d'arnica ou boire une infusion peut provoquer des vomissements, des troubles cardiaques, des vertiges. Ce n'est pas une tisane.

Évitez aussi si vous prenez des anticoagulants : l'arnica a de légères propriétés fluidifiantes qui pourraient interférer avec le traitement. Dans le doute, demandez à votre médecin.

Et pour les femmes enceintes ou allaitantes : on s'abstient, par principe de précaution.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de traumatisme sérieux ou de douleur persistante, consultez un professionnel de santé.

Le verdict

L'arnica mérite sa réputation. Ce n'est pas un placebo de grand-mère, c'est une plante dont l'efficacité sur les petits traumatismes est documentée et reconnue. Le tube de gel dans le tiroir de la salle de bain a toute sa place.

Par contre, elle demande un minimum de respect : usage externe uniquement, pas sur les plaies, et on reste raisonnable sur la durée. Une plante efficace est une plante qu'on utilise correctement.

Personnellement, j'en ai toujours un tube dans mon sac de rando. Les cailloux des sentiers de montagne ne font pas de cadeau aux chevilles, et l'arnica non plus ne fait pas semblant.

Aurélien Pringarbe

Écrit par

Aurélien Pringarbe

Fondateur Luslán

Articles similaires

Continuez votre exploration des plantes médicinales

Découvrez nos plantes

Explorez notre sélection de plantes médicinales de qualité, brutes et traçables.

Voir la boutique

La Lettre des Simples

Chaque semaine, recevez des conseils
sur l'herboristerie et nos nouveautés.

Votre email est précieusement gardé.
Désabonnement en un clic.