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Camomille matricaire : propriétés, bienfaits et utilisations
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🌙Sommeil & Relaxation

Camomille matricaire : propriétés, bienfaits et utilisations

7 min de lecture
Par Aurélien Pringarbe

On la croit banale parce qu'elle est partout. Tisane du soir, sachet au fond du placard. Pourtant la camomille cache bien son jeu. Plongée dans une plante qu'on croit connaître.

#Camomille#Digestion#Sommeil#Infusion#Peau

La camomille a un problème de réputation. Pas qu'elle soit mal vue, au contraire. Mais elle est tellement présente, tellement évidente, qu'on a fini par la trouver ordinaire. Le sachet de tisane qu'on sort quand on n'a rien d'autre. La plante par défaut.

C'est injuste. Parce que derrière cette apparente banalité se cache une plante aux propriétés sérieuses, utilisée depuis l'Antiquité égyptienne et toujours pertinente aujourd'hui.

Laquelle, d'abord ?

Premier piège : quand on dit "camomille", on parle de quoi exactement ?

Il existe plusieurs plantes appelées camomille. La matricaire (Matricaria chamomilla), la romaine (Chamaemelum nobile), la grande camomille (Tanacetum parthenium). Elles se ressemblent, avec leurs petites fleurs blanches au cœur jaune, mais elles n'ont pas exactement les mêmes propriétés.

Celle dont on parle le plus souvent en herboristerie, c'est la matricaire. Le nom vient du latin "matrix" (matrice, utérus), parce qu'elle était traditionnellement utilisée pour les troubles féminins. C'est aussi celle qu'on trouve dans la plupart des tisanes du commerce.

Comment les différencier ? Coupez le capitule (la "fleur") en deux. Si le réceptacle est creux à l'intérieur, c'est la matricaire. S'il est plein, c'est probablement la romaine.

Une odeur qui ne trompe pas

La matricaire a une odeur caractéristique. Pas juste "florale" ou "douce". C'est plus complexe : un peu de pomme verte, un fond légèrement herbacé, quelque chose de rond et apaisant. Les Espagnols l'appellent d'ailleurs "manzanilla", petite pomme.

Cette odeur vient de son huile essentielle, qui contient notamment du chamazulène. Un composé qui n'existe pas dans la plante fraîche : il se forme pendant la distillation. C'est lui qui donne à l'huile essentielle de camomille sa couleur bleue intense, assez surprenante quand on s'attend à du jaune.

Le chamazulène est aussi l'un des responsables des propriétés anti-inflammatoires de la plante. Comme quoi, la chimie des plantes réserve des surprises.

Ce qu'elle fait vraiment

La camomille matricaire est surtout connue pour deux choses : calmer et apaiser la digestion. Mais réduire son action à "tisane du soir" serait passer à côté de l'essentiel.

Sur la digestion, elle agit à plusieurs niveaux. Elle est antispasmodique : elle détend les muscles lisses du tube digestif, ce qui soulage les crampes et les ballonnements. Elle est aussi légèrement amère, ce qui stimule les sécrétions digestives. Après un repas un peu lourd, une infusion de camomille n'est pas juste un rituel réconfortant : ça aide vraiment.

Sur le système nerveux, elle a un effet relaxant sans être sédative à proprement parler. Elle ne vous assomme pas. Elle facilite la détente, ce qui peut aider à l'endormissement, mais ce n'est pas un somnifère. La nuance est importante.

Sur la peau et les muqueuses, en usage externe, elle calme les irritations et les inflammations légères. Compresses sur les yeux fatigués, rinçage pour les peaux sensibles, bain de bouche pour les gencives irritées. L'infusion refroidie fait très bien l'affaire.

Infusion : les erreurs classiques

Faire une infusion de camomille, ça paraît simple. Eau chaude, fleurs, on attend. Sauf que beaucoup de gens la ratent.

Erreur n°1 : eau bouillante. L'eau à 100°C détruit une partie des composés aromatiques. Idéalement, on laisse l'eau refroidir une minute après ébullition, ou on vise 85-90°C si on a une bouilloire à température.

Erreur n°2 : pas assez de temps. Trois minutes, c'est trop court. Pour extraire correctement les principes actifs, comptez 10 à 15 minutes, à couvert (pour garder les huiles essentielles qui s'évaporent).

Erreur n°3 : pas assez de plante. Une cuillère à café rase pour une grande tasse, c'est light. Comptez plutôt une bonne cuillère à soupe de fleurs séchées.

Une bonne infusion de camomille a une couleur jaune doré, une odeur franche, et un goût légèrement amer avec des notes de pomme. Si c'est fade et jaunâtre, c'est qu'il y a eu un souci quelque part.

Au-delà de la tisane

La camomille ne se limite pas à l'infusion bue. Quelques autres usages :

En compresse : infusion concentrée refroidie, appliquée sur les yeux fatigués ou les paupières gonflées. Dix minutes, effet décongestionnant garanti.

En bain : une grosse poignée de fleurs infusées dans l'eau du bain. Relaxant pour les muscles, apaisant pour les peaux réactives.

En rinçage capillaire : pour les cheveux blonds ou châtains clairs, l'infusion de camomille utilisée en eau de rinçage éclaircit légèrement et apporte des reflets dorés. Un truc de grand-mère qui fonctionne.

En macérât huileux : fleurs séchées dans de l'huile végétale pendant quelques semaines. Excellent pour les massages du ventre en cas de tensions digestives, ou pour les peaux sensibles.

Qui devrait éviter

La camomille est globalement très bien tolérée, mais quelques précautions s'imposent.

Si vous êtes allergique aux Astéracées (marguerites, chrysanthèmes, ambroisie, armoise), testez d'abord une petite quantité. Les réactions croisées sont possibles, même si elles restent rares.

Pendant la grossesse, les avis divergent. À dose alimentaire (une tisane de temps en temps), pas de souci documenté. À dose thérapeutique ou en huile essentielle, mieux vaut s'abstenir ou demander un avis médical.

Elle peut interagir avec certains médicaments, notamment les anticoagulants et les sédatifs. Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin avant de vous lancer dans une cure intensive.

Ces informations sont données à titre éducatif et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.

Bien la choisir

En vrac, privilégiez les fleurs entières plutôt que les fleurs brisées ou en poudre. Elles se conservent mieux et perdent moins vite leurs principes actifs. La couleur doit être jaune vif au centre, avec des pétales blancs encore bien attachés. Si c'est grisâtre ou que ça sent le foin, c'est trop vieux.

Bio de préférence : la camomille accumule ce qu'il y a dans le sol, et vous n'avez pas envie de boire une infusion de pesticides.

Conservation : à l'abri de la lumière et de l'humidité, dans un contenant hermétique. Un an maximum, après ça perd en qualité.

La camomille matricaire n'a rien d'une plante de seconde zone. Elle est juste tellement accessible qu'on a oublié de la regarder vraiment. Une erreur que j'ai moi-même faite pendant longtemps, avant de réaliser qu'une bonne infusion de camomille, préparée correctement, n'a rien à voir avec le sachet tiédasse qu'on nous sert à l'hôpital.

Aurélien Pringarbe

Écrit par

Aurélien Pringarbe

Fondateur Luslán

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